- d’un côté des phénomènes de contrainte : le stress. Toute une série de paramètres d’environnement font pression et viennent peser psychiquement et physiquement sur une personne susceptible alors de répondre par des réactions d’adaptation. Ces contraintes peuvent être prévisibles, donc anticipées. Elles sont graduées et cumulatives. Le stress s’exprime précocement par rapport aux événements subis et tend à disparaître après l’exposition à cet événement. Le modèle explicatif est surtout physiologique neuroendocrinien.

- de façon presque opposée, le traumatisme renvoie à un phénomène d’effraction et de rupture. Il n’entre pas dans l’ordre des évènements prévisibles et il est bien au-delà des ressources adaptatives d’une personne. Il n’y a pas de graduation repérable du phénomène. Le traumatisme se manifeste après coup, par des troubles différés qui apparaissent avec un délai de plusieurs mois voire de plusieurs années. Il peut survenir alors même qu’il n’y avait eu aucun trouble observé dans les suites immédiates de l’événement. Le modèle explicatif reste aujourd’hui surtout psychologique.

Ces caractéristiques conduisent à distinguer ces deux phénomènes. Cette distinction doit être maintenue, même si stress et traumatisme peuvent apparaître confondus, soit parce qu’ils sont associés dans un même tableau clinique ; soit que les dénominations internationales tendent à les lier étroitement l’une à l’autre, comme dans la dénomination d’état de stress post traumatique (ESPT), traduction littérale de l’américain Posttraumatic Stress Disorder (PTSD) de la 10e édition de la classification internationale des maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Il faut noter que la psychiatrie américaine – dont le vocabulaire prévaut aujourd’hui en matière de terminologie médicale internationale - confond totalement la nuance soutenue ici entre le stress et le traumatisme. La notion de PTSD souffre donc d’un défaut originel puisque qu’elle contient ces deux phénomènes sous une même dénomination et que la clinique fait passer d’un modèle à l’autre sans toujours les distinguer. Le stress serait le modèle universel, commun et sans singularité, tendant à l’universalité. Le traumatisme de son côté renvoie à une expérience singulière et incommunicable ; son expression est une clinique de contours qui répète la marque traumatique sans en dévoiler totalement le phénomène originaire.

P.C.